Voyage d’étude – MS EnvIM – Hubei et le barrage des Trois-Gorges, mars 2012
En mars 2012, les étudiants du Mastère Spécialisé EnvIM se sont rendus dans le Hubei, province chinoise marquée par une forte croissance économique. Mais cette expansion rapide a de lourdes conséquences environnementales. Le Hubei est célèbre pour le barrage des Trois-Gorges, qui est le plus grand édifice hydroélectrique et la première centrale électrique au monde. Projet controversé, il est à la croisée des grands défis que doit aujourd’hui relever la Chine pour penser son développement : besoins énergétiques, gestion des risques, des ressources et des pollutions. Les étudiants ont pu aborder sur le terrain les thématiques de l’eau, de l’énergie et de l’innovation environnementale, fondamentales dans ce grand bassin hydrographique. Retour sur ce périple d’une semaine.

Le Hubei est une province située dans le centre de la Chine. Elle est emblématique des enjeux environnementaux que connaît de manière croissante le pays depuis ces dernières années. Peuplé de 57 millions d’habitants, pôle industriel en pleine croissance (45% du PIB), ouvert sur les flux de la mondialisation, le Hubei, traversé par le Yangzi, troisième fleuve au monde (6 300 km de long), fait face à des problèmes environnementaux récurrents. Pollution de l’air, de l’eau et du sol, liée à l’exploitation des ressources minières de la province, aux rejets industriels et agricoles ainsi qu’à l’urbanisation rapide et non maitrisée autour de pôles urbains comme Wuhan, capitale de la province (9 millions d’habitants).
Les étudiants ont pu visiter trois sites dédiés au traitement des eaux polluées dans l’aire urbaine de Wuhan. Ils se sont tout d'abord rendus dans une station à boues activées, servant à traiter les eaux usées en provenance d’une partie de l’agglomération de Wuhan.
Les deux visites suivantes concernaient le traitement végétal des lacs et étangs qui constellent la zone urbaine, très pollués, et donc sujet à eutrophisation. La première méthode employée était un processus ex-situ. L’eau du lac, pompée, passe par des filtres à sable plantés de roseaux avant d’être renvoyée dans son milieu naturel. Le second processus est un traitement in-situ très novateur, mais au principe relativement simple: des îlots artificiels, recouverts de végétation, sont installés au milieu du lac afin que les plantes puisent dans l’excès de nutriments présents dans l’eau (nitrate, phosphore...) pour se développer, nettoyant ainsi le milieu aquatique. La question de la dépollution des eaux est essentielle dans le Hubei, surnommé à juste titre la « province aux milles lacs ».
Le groupe a ensuite pu assister à une conférence dédiée à la coopération entre l’Union Européenne et la Chine en matière d’environnement, sur des projets d’urbanisme, de développement technologique ou d’éducation. Ils ont également pu observer le déroulement d’activités de recherche de pointe, portant notamment sur les énergies renouvelables et l’isolation des bâtiments.

Pour achever leur périple, les étudiants ont eu le privilège de visiter le Barrage des Trois-Gorges, édifice aussi pharaonique que controversé. Le projet de barrage a été initialement pensé pour désenclaver les régions de la Chine intérieure, en améliorant la navigation sur le Yangzi et en développant le trafic fluvial entre Shanghai et Chongqing. Mais c’est aussi pour protéger les populations de crues meurtrières du « fleuve bleu » (des centaines de milliers de victimes durant le XXème siècle) que le projet d’un barrage dans les Trois-Gorges a été régulièrement réétudié depuis 1919.
26 turbines, 21GW de puissance installée produisant 3% de la consommation annuelle chinoise en électricité, un réservoir de 39,3 milliards de m3... Cet édifice collossal, de plus de 2 km de long et de 185 mètres de haut, n'a pu voir le jour qu'en 2006, après de multiples études et de nombreux débats. Malgré ses performances reconnues, le barrage des Trois-Gorges a un impact important sur l’environnement (réduction de la biodiversité, érosion accrue en aval du fleuve, salinisation du delta du Yangzi, submersion de 600 km2 de terres agricoles et forêts) et les populations (déplacement des habitants de la zone du réservoir, soit environ 1,8 millions de personnes, disparition de sites historiques chinois). Ces impacts sont caractéristiques des projets de grands barrages à travers le monde et nous interrogent sur la durabilité de tels ouvrages.
Retrouvez l'album photo du voyage d'étude >>